Les miroirs d’hier à aujourd’hui

Les miroirs d’hier à aujourd’hui

Avez-vous les cheveux noirs, bruns ou blonds ? Les yeux bleus, vert ou marron ? Votre nez est-il plutôt long et mince ou, au contraire, court et retroussé ? Bien évidemment, vous sauriez décrire votre propre visage, tout simplement parce que vous l’avez vu des centaines de fois dans un miroir. Mais il n’en fut pas toujours ainsi… Voici une petite histoire des miroirs d’hier à aujourd’hui. 

Il fut un temps où les miroirs n’existaient pas

Les miroirs actuels sont faits de verre plat et lisse, recouvert à l’arrière d’un mince film d’argent. Lorsque vous observez à l’avant du miroir, vous voyez à travers le verre mais pas à travers l’argent. Ce dernier capture votre image et vous la restitue le plus fidèlement possible.

Il fut un temps où les miroirs n’existaient pas. Les petits garçons et les petites filles devenaient adolescents et entraient dans l’âge adulte sans jamais voir clairement leur propre visage. C’est dans des bassins d’eau calme qu’ils pouvaient apercevoir, de temps à autre, leur reflet. Par la suite, on a appris à polir le métal et les pierres sombres pour les faire briller afin qu’ils reflètent une image. Dans l’Égypte ancienne, la Rome et la Grèce antique, les miroirs à main et les miroirs muraux étaient fabriqués en métal poli. Ces miroirs de l’Antiquité étaient minutieusement décorés et, comme leur surface n’était pas parfaitement lisse, l’image observée était généralement floue ou déformée.

Apparition des miroirs en verre

Lorsque les hommes ont essayé de fabriquer des miroirs en verre, ils ont utilisé du verre noir et l’ont recouvert de papier d’aluminium. Mais cela reflétait la lumière plutôt que de la laisser passer à travers le verre. Par la suite, les miroirs ont pris des couleurs, fabriqués en verre bleu, vert, rouge ou ambre. Et bien que la variété des teintes soit intéressante en soi, l’image précise de la couleur n’était pour autant pas fidèle à la réalité.

Le jour où le verre presque incolore a été créé à Venise, en Italie, les choses ont changé. De petites feuilles furent découpées dans des disques circulaires, puis recouvertes d’une feuille d’étain et de mercure. Ces miroirs avaient la particularité, contrairement à leurs prédécesseurs, de refléter de manière relativement précise, la couleur. Néanmoins, comme ils n’étaient pas entièrement plats, les images restaient déformées.

Le miroir : signe extérieur de richesse

À l’époque, les miroirs étaient rares et chers. Seules les très riches pouvaient les acheter. On reconnaissait ces personnes fortunées qui portaient, pendant à leur ceinture tels des ornements, de minuscules miroirs ainsi que des ornements comme des épingles permettant de fixer des plumes au chapeau. À Venise, à cette époque, chacun aspirait à obtenir un miroir, travaillant dur pour pouvoir se le permettre. Les Français ne furent pas en reste, la tendance née en Italie prenant rapidement le pas sur la noblesse du pays. Et bien que la France soit dotée d’usines de fabrication du verre, les Français ne connaissaient pas le secret de la fabrication des miroirs italiens. C’est ainsi que l’on suggéra de faire venir des verriers de Venise en France, afin d’apprendre le processus de fabrication du miroir, ce que Venise refusa de faire.

Avancée française

Une découverte va ensuite bouleverser la fabrication du verre en France, les fabricants comprenant le processus consistant à utiliser un film d’étain et de mercure. Jusqu’alors, le verre plat avait été coupé à partir de disques de verre soufflé. Maintenant, la France savait comment fabriquer du verre plat, en utilisant du verre liquide. Une trouvaille qui permit une meilleure méthode de moulage, les verriers français pouvant désormais produire une qualité exceptionnelle de miroirs.

Il y a environ 150 ans, la fabrication de miroirs était considérée comme dangereuse, en raison des vapeurs de mercure qui, si elles étaient inhalées, pouvaient provoquer de graves maladies. Les fabricants ont ensuite commencé à utiliser de l’argent pour produire les miroirs. Un procédé qui consistait à couvrir le verre plat avec un liquide à base de nitrate d’argent, terminant par un vernissage à la surface. Plus tard, la solution d’argent fut pulvérisée sur le verre. Le support argenté était plus sûr et donnait une image plus lumineuse. 

Si les miroirs déformés de l’époque sont, aujourd’hui, utilisés dans les fêtes foraines et les endroits de divertissements, il faut également se souvenir que le miroir revêt une importance toute particulière dans certains domaines, comme la médecine, l’astronomie ou encore la recherche. Un objet que l’on a tendance à prendre pour argent comptant, mais sans lequel nous ne saurions pas autant de choses sur l’homme et sur l’univers qui nous entoure…

Laisser un commentaire

Fermer le menu
×

Panier